Formations cliniques du Champ lacanien

Collèges de Clinique Psychanalytique

Journées

Journée nationale

Organisé par le CPP de Paris

Comme chaque année a lieu au printemps la Journée nationale.

Journée d'ouverture

Deux rencontres de travail sur le thème de l’année permettent de réunir l’ensemble des enseignants et des participants du Collège de clinique psychanalytique de Paris.

Une innovation : Les Échanges Enseignants

Le Collège clinique, c’est un thème annuel avec différents enseignants qui y consacrent leurs réflexions, en éclairent la clinique. Ces abords sont avant tout personnels mais ils sont aussi vectorisés par des références communes, au premier chef l’œuvre de Freud et l’enseignement de Lacan, dans toute son extension. Il est donc légitime et souhaitable que ces travaux se confrontent et que leur diversité donne lieu à un dialogue qui en fasse valoir leurs apports pour les enseignants du collège eux-mêmes comme pour les participants.
Y seront discutées collégialement les thèses et les avancées des uns et des autres, en référence à des cas cliniques.

Journée de clôture

Deux rencontres de travail sur le thème de l’année permettent de réunir l’ensemble des enseignants et des participants du Collège de clinique psychanalytique de Paris.

Stages

Stage : « Les passages à l’acte »

Responsables : Patrick Barillot et Françoise Josselin

La psychanalyse peut-elle répondre des passages à l’acte qui hantent la vie médiatique, interpellant la justice comme la psychiatrie pour en déterminer la responsabilité civile ?

Freud en 1914 propose le terme d’Agieren pour désigner dans et hors de la cure analytique le mécanisme par lequel le patient « traduit en actes » ce qu’il a oublié.

Lacan, dans son Séminaire X (1962-1963), L’angoisse, va différencier passage à l’acte, acting-out et acte, à partir de la clinique de Freud : Fragment d’une analyse d’hystérie (Dora 1905) et Psychogénèse d’un cas d’homosexualité féminine (1920). L’acting-out est transfert sauvage, agi et non remémoré, monstration adressée à un autre qui n’entend pas. Le passage à l’acte, contrairement à l’acting-out, ne s’adresse à personne et n’attend aucune interprétation. Il est le corrélat d’un « laisser tomber », d’un franchissement de la scène allant jusqu’à la défénestration dans le suicide mélancolique.

L’acte, du point de vue de la psychanalyse a valeur signifiante (cf. l’acte manqué). Lacan, à en pousser l’éthique, a été le premier à interroger l’acte analytique qu’il définit comme un « passage : à l’acte », moment « électif » dont témoigne l’expérience de la passe où le psychanalysant passe au psychanalyste.

Durant ce stage nous aurons l’occasion de vérifier, dans la clinique de la névrose comme dans celle de la psychose, ces différents modes de passages à l’acte hors et dans l’analyse.

Stage : « Clinique actuelle des identifications »

Responsable : Anita Izcovich

La clinique pose des questions au quotidien, et elle nécessite un travail constant de la théorie pour élucider les impasses. Il s'agira alors d'approfondir les concepts théoriques de Freud et des différentes périodes de l'enseignement de Lacan en les éclairant avec des cas cliniques. Nous partirons d'une problématique actuelle qui concerne les professionnels de la santé qui travaillent avec les enfants, les adolescents et les adultes. Nous interrogerons les nouvelles formes d'identification telles qu'elles se présentent dans le malaise contemporain. En effet, le discours social actuel a tendance à fragiliser les points de repère et fragmenter les identifications. Les conséquences sont multiples, concernant notamment un défaut de symbolisation qui conduit à délier les pulsions qui sont alors mises en acte, la violence et les conduites addictives en sont des exemples. Cette mise à l'épreuve des limites à la jouissance peut porter du côté des pratiques déviantes, en marge du discours. Les recherches identitaires qui nécessitent la coupure signifiante viennent parfois s'inscrire dans la marque à même le corps, que ce soit dans les scarifications ou les tatouages par exemple. D'autre part, on assiste à une instabilité de l'identité sexuelle, à de nouveaux modèles de familles décomplétées et recomposées, qui interrogent le désir maternel et la fonction paternelle dans le contexte actuel. Quel est alors le statut de l'enfant et de ses identifications ? On percevra, à partir de là, toute l'importance de la psychanalyse, afin de permettre au sujet de passer de l'urgence du court-circuit symbolique, au temps nécessaire de la subjectivation pour que l'inconscient se dise. Il s'agira donc de repérer, dans la clinique, les effets de discours, et d'explorer les issues thérapeutiques, afin que la mise en acte des objets pulsionnels puisse s'élaborer dans la construction du fantasme et le remaniement des identifications.

Stage : « Qu’appelle-t-on psychose ? »

Responsables : Claude Léger et Colette Sepel

En écrivant « psychose » au singulier, Lacan a permis, au milieu des années cinquante, non seulement, de distinguer le repérage psychanalytique de la nosographie psychiatrique devenue inopérante, mais de référer la conception freudienne de la paranoïa à la structure du langage. « Psychose » devient ainsi un diagnostic, non de maladie, mais de structure. Elle peut se déclencher, devenir manifeste, lorsque le sujet se trouve confronté à la forclusion du Nom-du-Père , carence d’un signifiant ouvrant une béance par où vient faire irruption dans le réel une jouissance mauvaise, celle de l’Autre, à laquelle le sujet tente de répondre par une invention métaphorique : le délire. Cette conceptualisation va permettre de circonscrire la psychose par rapport à des ensembles symptomatiques disparates, que la psychiatrie classique française qualifiait d’héboïdophrénie ou de psychopathie et pour lesquels l’Egopsychology nord-américaine inventa dans ces mêmes années cinquante le concept fourre-tout de borderline.

En réarticulant les registres du Réel, du Symbolique et de l’Imaginaire grâce à un nouvel outil topologique : le noeud borroméen, Lacan redéfinit la psychose, dans les années soixante-dix, à partir de la problématique de la nomination, par l’introduction dans le ternaire paranoïaque, spécifié par la mise en continuité des trois registres, d’un quatrième terme : le sinthome, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives pour le traitement possible de la psychose, qu’elle soit ou non déclenchée.

En conséquence, c’est la notion même de forclusion dont le champ se trouve élargi, ce qui conduit à considérer des états a-symptomatiques sous l’angle de la psychose dans son rapport avec la normalité. C’est ce qui devrait permettre de battre en brèche la tendance actuelle à faire disparaître la psychose des classifications des maladies mentales, au profit de nouveaux fourre-tout comportementaux.

Stage : « La folie névrotique »

Responsables : Jacques Adam et Martine Menès

De même qu’il y a des psychoses « normales » (les as if, les dites psychoses blanches), il y a des folies « normales » : le pas assez toujours revendiqué de l’hystérique, le pas trop toujours en retard de l’obsessionnel, le surtout pas toujours prévenu du phobique, sont des figures de la folie ordinaire.

L’hystérie défie toute classification, et ce depuis l’Antiquité où ses mécanismes supposés étaient déjà décrits. Ainsi l’hystérie s’est incarnée successivement dans les matrones dont il fallait maîtriser l’utérus vagabond, dans les sorcières qu’il fallait brûler, dans les possédées qu’il fallait exorciser, enfin dans les mégères à apprivoiser. Et maintenant, où est donc passée l’ingénieuse hystérie dans la dilution nosographique qui ne prend plus en compte que les troubles dont elle est censée être affectée, et pas le trouble qu’elle sème ? Il n’a pas échappé à Lacan que celles et ceux qui, en 68, criaient aux maîtres : « Nous sommes tous des hystériques historiques » faisaient lien social. Et de ce drôle de lien, Lacan en a fait un discours.

La folie obsessionnelle n’est pas moins ravageante. Il n’y a qu’à entendre celui qui avance et recule en même temps, regard anxieux perdu dans le vague du désir déserté de l’autre, pétrifié devant la possibilité d’une demande. Ou celui-ci appendu à sa liste de choses à faire, qui s’impose, mais devant laquelle il reste figé, pesant le pour et le contre, répétant mentalement l’opération. Ou encore tel autre tournant tant de fois devant la porte avant de pouvoir entrer, s’excusant de devoir ressortir pour recommencer car ça rate.

Qu’est-ce qui rate dans la folie névrotique et comment la psychanalyse pourra raccommoder le ratage ? Il faut se demander si la nouvelle discursivité introduite par la découverte de l’inconscient a modifié quelque chose sur l’idée qu’on se fait de la folie. C’est aussi se demander ce que sont les formes névrotiques des diverses difficultés à habiter un discours. Et aussi ce que recouvre le « sinthome » lacanien au regard du « choix » du symptôme freudien.